Nombreux sont ceux qui veulent découvrir leur personnalité profonde et utilisent pour cela des plantes hallucinogènes pour obtenir des visions. Outre les champignons hallucinogènes, deux plantes sont très connues pour leurs capacités à produire des visions claires et profondes, l’ayahuasca, une liane à effets psychotropes utilisée par les chamans d’Amazonie Péruvienne et l’iboga appelé aussi "bois sacré", un petit arbuste d'Afrique équatoriale qui peut atteindre six mètres de hauteur. Ses racines contiennent des alcaloides comme l'ibogaïne qui possède des propriétés hallucinogènes. Les sorciers africains s'en servent pour des rites initiatiques de passage et, disent-ils, pour communiquer avec les morts !
ATTENTION : L’utilisation des ces plantes est très dangereuse et doit obligatoirement être effectuée sous la conduite d'un chaman expérimenté.
Hallucinations ou Visions ?
Les scientifiques sont partagés sur la nature des visions qui souvent n’ont aucun sens comme les rêves et ne présentent donc aucune utilité sur le plan psychanalytique. Certains préfèrent parler d’hallucinations, erreurs et tromperies de notre imagination, vous ne voyez que ce que votre mental a bien voulu accepter et croire !
Les lamas Tibétains quant à eux, ont développé des méthodes d’introspection basées sur la visualisation SANS employer des drogues ou des plantes hallucinogènes dont les effets secondaires peuvent être redoutables.
Il vous est peut être déjà arrivé d’être réveillé la nuit et de voir en face de vous, les yeux grands ouverts des espèces de masques extraordinairement lumineux à l’aspect plutôt terrifiants qui vous regardent en grimaçant et en changeant constamment de mimiques. Ces masques peuvent vous sembler ricaner, vous tirer la langue, montrer leurs dents, leurs yeux sont souvent avides et cruels. Ces visions lumineuses proviennent de vous, de votre mental, mais étrangement elles semblent aussi dotées d’une vie autonome. Ces visions se nourrissent en fait de vos pensées, les Tibétains les appellent des yidams.
L’une des composantes essentielles du bouddhisme tibétain est le Tantrisme.
Le tantrisme prône une voie opératoire, un yoga de la puissance et de l’énergie, fondé sur la manipulation de forces, de déités, de génies ainsi qu’une utilisation transcendantale de la sexualité. En entrant dans la voie tantrique, vous êtes sûr de vous diriger vers l’état de Bouddha ou vers Avici, le pire des enfers.
Dans le tantrisme, la puissance du mental au lieu d’être utilisée à des fins de possession est subtilement détournée au profit de la connaissance intérieure. Le moine tantrique est un véritable alchimiste qui utilise ses désirs, ses émotions et ses conditionnements pour les transmuter en énergie.
Le bouddhisme tibétain a aussi intégré beaucoup de pratiques chamaniques qui existaient au Tibet bien avant l’arrivée du Bouddhisme. Il existe d’ailleurs, encore de nos jours au Tibet une secte appelée les bonnets noirs ou Bon Po qui pratique la magie et la visualisation de déités combinée avec une forme dégradée de Bouddhisme.
Ces visualisations sont des supports de méditation exceptionnels
permettant tous les transferts
Des moines tibétains sont ainsi enfermés avec leur consentement dans des cellules spéciales pendant plusieurs années. Certains se feraient même emmurer volontairement dans des cavernes de l’Himalaya afin de pouvoir se consacrer entièrement à la méditation et à ce qu’ils appellent, la découverte de leur nature profonde.
Durant cette réclusion volontaire, le moine se livre alors à des exercices de visualisation de déité avec laquelle il identifie ses passions et ses énergies intérieures. Des déités appelées en tibétain yidam ou dakini, la forme féminine de la déité.
Ces déités prennent forme grâce au pouvoir de leur pensée après plusieurs mois de visualisations. Ces déités alors, s’animent et deviennent étrangement vivantes. Elles proviennent de l’imagination du moine qui les vivifie dans un premier temps pour ensuite les détruire afin de saisir la vacuité constitutive de toute représentation mentale.
Certains moines s’uniraient même psychiquement avec la déité avant de la faire disparaître !
Ces yidams revêtent souvent des parures effrayantes, ils apparaissent environnés d’un halo lumineux (voir le traité de magie photonique). Ils sont ambivalents et selon la personnalité du pratiquant, ils peuvent prendre un aspect paisible ou terrible. La visualisation d’un yidam terrible signifie une déité irritée et cela provoque souvent une introspection intérieure et un saut dans la sagesse.
Malgré les pouvoirs extraordinaires (appelés siddhis) que peuvent vous donner la manipulation de ces déités, il ne faut jamais plaisanter avec, car vous jouez alors avec votre santé et votre vie. En effet, le yidam une fois vivifié fait alors partie intégrante de l’intimité du pratiquant, mais parfois sa compagnie peut devenir envahissante voire aliénante, elle risque alors d’envahir le psychisme du retraitant et de le posséder complètement.
Finalement la déité est détruite et se résorbe dans un point unique qui finit par disparaître. Cette expérience peut durer des heures, des jours et même des mois.
On trouve souvent ces déités représentées dans les mandalas. Le mandala est une figure géométrique composée de carrés et de cercles, c'est une représentation initiatique des puissances psychiques agissantes dans l'univers et dans les êtres, sa contemplation installe chez l'adepte une expérience spirituelle fondamentale.
Un mandala s'interprète du centre à la périphérie (de l'UN vers la pluralité) et du haut vers la bas (ou inversement). Le haut du mandala représente les déités apaisées, c'est le nirvana tandis que le bas peuplé de déités courroucées et de flammes représente l'enfer.